Buenos Aires, bien aérée.

Buenos Aires, capitale de l’Argentine est nichée sur les bords de la rivière Plata. Rivière la plus large du monde, elle dessine comme un sourire entre l’Uruguay et l’Argentine.

On loge proche de l’avenue la plus large du monde, l’avenida 9 di Juglio (Iglesias), 2 fois 8 voies qu’on traverse en plusieurs fois tellement elle est large, les feux pour piétons ne permettant pas de parcourir les 100 m sans risquer de se faire écraser.20161030_163136

Toutes les grandes artères de la ville sont très larges, les places sont immenses, j’en viens à imaginer avec mon espagnol approximatif que Buenos Aires veut dire bien aérée.

Nous sommes restées 6 jours pleins qui nous ont permis de visiter tranquillement la ville. Les enfants ont pu ainsi avancer leurs cours sur le CNED et nous avons aussi pu recharger les batteries avant notre tour d’Argentine qui va nous amener à parcourir des milliers de kms en bus.

Le quartier du micro centre comme ils disent est assez sympa, de petites rues pour le coup nous amènent jusqu’à une immense place « plaza de Mayo ». Yoyo croit que c’est le lieu où est produit la mayonnaise, non, c’est juste leur place Bellecour en plus grand !

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D’un côté trône le palais présidentiel qui peut se visiter avec un délai de réservation de 1 semaine, de l’autre une chapelle style 17ème siècle.

C’est aussi sur cette place que se réunissent depuis 1977 tous les jeudis après midi les « Madres de la plaza de Mayo ». Ces mères qui ont vu leurs fils ou filles enlevés par les militaires et disparaître pendant la dictature. C’est une vraie institution et certaines d’entre elles sont de vraies figures.  Elles défilent en silence avec leur fichu blanc sur la tête. A 16 h elles repartent après avoir été embrassées, photographiées et applaudies. Elles réclament toujours justice et des jugements sont encore en cours. Nous avons aussi appris que des enfants avaient été enlevés dès leur naissance (et leurs mères tuées) pour être donnés à des couples de militaires ne pouvant pas en avoir. L’association recherche les ces enfants qui ont entre 30 et 40 ans à présent.

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On continue jusqu’à une rue hyper commerçante qui est l’avenida Florida.

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On voulait changer de l’argent et sur cette avenue opèrent des changes clandestins « le blue market ». En effet on a lu dans différents blogs que le dollar y est changé à un meilleur taux que les banques. Si effectivement on nous propose tous les 10 m de changer des dollars on se rend compte que le taux n’est plus si intéressant que ça. On apprendra que la situation a rapidement changé en Argentine depuis quelques mois et l’Etat a repris un peu le contrôle sur ce marché parallèle : « le blue market » n’était pas intéressant donc en novembre 2016 mais tout change très vite en Argentine. On se trimballe des millions de dollars depuis le début du voyage pour l’Argentine…pour rien au final !!! Les banques ne changent pas l’argent aux étrangers, les billets en dessous de 50 $ aussi sont difficiles à changer (prévoir des coupures de 50 et 100$ seulement) et les distributeurs permettent de retirer au maximum 120$ avec des frais de 6$ à chaque retrait et les queues sont immenses devant les distributeurs.

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On découvre petit à petit la réalité de la vie argentine, tout est compliqué : prendre le métro (appelé le « Subte »), il faut acheter une carte magnétique, pas de ticket vendu, cette carte évidemment ne s’achète pas dans le métro…trop facile, il faut l’acheter aux kiosques à journaux…qui n’en ont plus !

J’étais arrivé en Argentine avec des sentiments extrêmement positifs : un de mes premiers souvenirs, c’est la finale de la coupe du monde 1978, avec tous ces papiers gras qui voltigeaient dans les stades. Mario Kempes et sa chevelure folle qui courrait avec une élégance de danseur de tango. En 86, Maradona effectuait un slalom à la Ingemar Stenmark entre les joueurs anglais, j’en ai les yeux encore ébahis. Les argentins qui attaquaient les perfides Anglais pour reprendre les Malouines. Bref, tous ces souvenirs ont forgés dans mon esprit un idéal argentin fait de romantisme guerrier, d’outsider qui se bat jusqu’à la mort comme font leurs rugbymen, j’en faisais donc une destination importante de notre voyage.

Je ne suis pas déçu : tout est compliqué et cher en Argentine. Je comprends mieux pourquoi lorsqu’on regarde leur histoire, une forte immigration italienne a façonné le pays. Tout s’explique : tout est compliqué et il faut faire attention aux petites arnaques. On retrouve un peu d’Italie.

On continue notre visite par le quartier de la Boca, qui est celui du stade de l’équipe de Boca Junior mais aussi un joli petit quartier coloré aux maisons repeintes. Quartier très touristique où on vous attendra comme des pigeons, il ne nous manque plus que les ailes !!! les prix sont plus élevés qu’en Europe surtout pour tout ce qui concerne l’équipe de foot. Mais on apprécie néanmoins le quartier.

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Yoan ayant perdu son imperméable nous décidons de partir à la recherche de magasin pour lui en acheter un nouveau. Suivant les indications des Buenos airiens nous nous retrouvons dans le quartier de la Once, où pullulent les magasins de toutes sortes, on marche on marche, comme si nous faisions une randonnée dans les Andes. Le quartier est animé les rues larges comme de partout ici.

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N’ayant toujours rien trouvé le lendemain nous essayons le quartier de Palermo. On visite en même temps qu’on essaye de trouver l’imperméable. Ce quartier n’a rien d’exceptionnel. On a plus apprécié celui de la Recolata avec son église, sa place très jolie et le cimetière du père Lachaise local avec la tombe de Eva Perrone. Une visite aux musées des beaux arts est intéressante car il a en son sein de jolis tableaux de peintres très reconnus tels que Van Gogh, Toulouse Lautrec, le tout est gratuit !

Les 2 derniers jours m’ont plus plut. Le samedi nous marchons le long des docks qui ont été rénovés comme dans toute les grandes villes.

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Nous sommes allés jusqu’à la réserve naturelle qui borde le Rio Plata. On ne le voit pas d’ailleurs, il est caché et la ville n’est pas tourné vers son fleuve. Enfin on l’appelle fleuve mais en arrivant au bord, c’est plutôt une mer marron pas très jolie d’ailleurs. On comprend mieux pourquoi il est caché. Mais on ne voit pas l’autre rive, l’horizon s’arrête sur le fleuve et donne l’impression d’être au bord d’une mer. L’Uruguay est à 1 h de bateau mais les prix sont élevés pour une excursion d’un jour.

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L’après-midi, nous allons voir un match à la Bombonera, le stade des Boca Junior. C’est un de mes rêves, assisté à un match dans ce stade mythique, toujours ces images dans ma tête de cette coupe du monde 1978. C’est hyper cher, il n’y a pas de ticket vendu car c’est un stade rempli comme à Barcelone par les socios. Il faut s’adresser à une agence qui évidemment prend grassement sa commission. Ainsi va la vie en Argentine.

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J’ai eu quelques sueurs pendant 30 mn car le gars de l’agence était très en retard … je voyais déjà mon rêve s’envoler (Yoan et Léa se sont bien moqué de mon stress !). Billets en mains, on arrive dans le stade qui est aussi pentu que la descente de Kitzbühel, c’est impressionnant on se trouve tout en haut et on a presque le vertige. On arrive bien en avance, pour profiter de l’ambiance. Nous ne sommes pas déçus, le match commence et tout le stade se met à chanter. Quand en Europe les groupes de supporter d’une même équipe peuvent être rivaux, ici il y a un groupe avec une fanfare qui impulse les chants qui sont repris par l’ensemble du stade.

Ça donne les frissons, d’autant plus que Boca marque 2 buts d’entrée de match…Je regarde le spectacle avec des yeux de gamins, l’ambiance est très festive, les chants s’enchainent toutes les 5 minutes, la tribune latérale ne cessant jamais quasiment de chanter. C’est merveilleux. Le match ? Boca a gagné 4-0 mais je suis incapable de vous le décrire, je n’ai regardé que les tribunes…

La vidéo complète de 10 minutes d’ambiance : par ici

Enfin le lendemain le dernier jour nous visitons le quartier de San Telmo. Très sympa, très bobo, des bars et restaurants très jolis, une espèce de brocante, foire s’est installée dans les rues. Il y a du monde et il fait beau. Pour la première fois depuis le début de la semaine, on trouve cette ambiance qu’on attendait, festive on voit même des concerts de rue avec des danseurs…C’est le  quartier le plus sympa qu’on ait visité, plus authentique que la Boca et moins « grande ville » que la Florida ou Palermo. On pourra s’assoir sur un banc à côté de Mafalda (la bande dessinée argentine). On flâne enfin avec la satisfaction de se trouver dans un endroit authentique et typique.

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Au final mon impression est très mitigée sur Buenos Aires…l’attente était très grande aussi…On n’a pas senti d’atmosphère particulière, ces concours de tango soit disant qu’on voit dans la rue. On a rencontré par la suite des français qui voyagent en famille dans un van aménagé qui eux ont trouvé cette ambiance. Comme quoi les expériences varient…heureusement d’ailleurs.

C’est parti pour 20 h de bus direction le sud et la Péninsule Valdès

Pour plus de photos c’est : par ici

Infos utiles :

  • logement Airbnb 40 euros la nuit. Voir aussi monappartementabuenosaires.com (tenu par des françaises)
  • Oubliez le « blue market » encore intéressant il y a 6 mois.
  • Pizza Ugi’s : via Belgrano 1320 (mais d’autres magasins à Buenos Aires) – 65 ARS la pizza entière on a pas hésité et en bas de notre appartement !
  • Epicerie italienne Belgrano pastas artesanales : pâtes fraiches, cannellonis … excellent – angle Avenida Belgrano et calle Salta
  • Bus pour Puerto Madryn par Andesmar (repas compris) : 1600 ARS en executive

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