Le Salar d’Uyuni, Le sud Lipez, San Pedro d’Atacama : des lieux qui font rêver. Partie 1

 

C’est un peu comme la chanson d’un fameux  Soap des années 80  : Amour Gloire et Beauté, des mots qui font rêver. Le Salar d’Uyuni, le Sud Lipez, San Pedro d’Atacama ce sont des lieux qui nous ont fait rêver.

Car autant commencer par les superlatifs : merveilleux, splendides, exceptionnels, uniques, gigantesques, majestueux, ébouriffants, soufflecoupant…je ne sais plus quoi inventer pour décrire l’expérience de ce tour fantastique (tiens je l’avais oublié celui-là de superlatif !) que nous avons fait entre Tupiza, Uyuni et San Pedro de Atacama.

Sans conteste ce sont les 4 jours qui m’ont le plus émerveillés depuis le début de notre voyage. J’avais encore en mémoire les parcs américains. Il n’existe plus rien après cette expérience et ça va être dur de s’émerveiller d’autres paysages.20161114_121113

Commençons par le début : nous rentrons en Bolivie par une petite ville au doux nom de Villazon . On fait la traversée à l’ancienne : à pied. Nous autres européens nous trouvons ça désuet mais c’est comme ça dans le monde, on traverse les frontières à pied : Vive l’Europe !!! Et là on voit une vraie fourmilière entre ces 2 pays … des marchandises passent d’Argentine en Bolivie et reviennent à vide.

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On se dirige vers Tupiza après 1 heure de route en petit van de 8 personnes pour le début de notre aventure. Il faut attendre que le van se remplisse pour partir … la dernière personne à monter, une jeune bolivienne de 20 ans, assez aisée ne voulait pas monter derrière avec 2 petits enfants et leur mère, pas du tout du même niveau social … là on sait dit : ca part mal !

A Tupiza, quelle joie de retrouver nos copains italiens, Sabrina et Edourdo arrivés quelques heures plus tôt. On fera ce tour tous ensemble. On loge dans un très bon hotel : le Butch Cassidy. Oui le Butch Cassidy … étonnant non ? et bien pas tant que ça car le fameux gangster américain a fini sa vie dans le coin. Poursuivi aux US il a fui en Bolivie où il a braqué quelques mines d’or avant de se faire tuer. Le crime ne paie pas même en Bolivie…surtout là-bas même, où nous traversons des villages qui font leur propre justice, c’est affiché à l’entrée de ces villages perdus au fin fond de l’Altiplano andin. Pendaison pour les voleurs de voitures dans ces villages où le premier poste de police se trouve à 3 h de route. Chez nous il ne resterait plus grand monde !!!

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un petit digne de pantagruel
un petit dej digne de Pantagruel, le meilleur depuis le Costa Rica !

L’hôtel curieusement pour le lieu est tout simplement superbe, neuf, le père et le fils d’une gentillesse extrême, le petit déjeuner Gargantuesque (je ne vous l’ai pas dit mais Rabelais aussi a fini sa vie en Bolivie !)…un des meilleurs hôtels depuis le début presque dans notre catégorie de prix bien sûr !!!

Tupiza est une ville pas très jolie, faite de maisons basses, traversée par des rues sablonneuses, où s’enchainent les agences de voyages qui proposent la traversée du Salar d’Uyuni.

On peut réaliser ce tour depuis Uyuni et arriver à Tupiza, nous décidons de le faire en sens inverse et d’arriver à San Pedro d’Atacama pour plusieurs raisons :

–          Ne pas se retrouver dans le flot de voitures qui partent d’Uyuni, ce qui va se révéler vrai, on verra dans le sens contraire beaucoup de voitures.

–          Les tours opérateurs ont bien meilleure réputation de Tupiza que d’Uyuni, ce qui va se révéler vrai aussi puisque nous croisons des Anglais partants d’Uyuni se retrouvant littéralement abandonnés au milieu du Salar sans explication lors de notre première étape. Ce n’est pas grave ce sont des Anglais vous allez me dire. Quand même notre charité chrétienne nous impose une compassion envers eux, en partageant une bière et en chantant God crève the Queen.

–          Finir à San Pedro pour visiter aussi le désert d’Atacama.

Notre choix, après quelques heures d’enquête avec Edouardo, se porte sur l’agence Alexandro adventure. Nous ne le regrettons pas car notre guide qui va nous accompagner pendant 4 jours et 3 nuits est sympa, compréhensif et drôle, il s’appelle Martin Palermo, si vous avez l’occasion de faire comme nous n’hésitez pas à le demander. Le 4×4 chargé et c’est parti.

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Voilà les détails pratiques, maintenant passons à l’extase, le voyage proprement dit.

On se trouve dans une région qui se trouve au sud de la Bolivie qui part donc d’une 60aine de km au nord de la frontière Argentine.

Nous faisons ¾ de boucle d’environ 800 km dans le sens contraire des aiguilles d’une montre en 4 jours pour finir dans le nord du Chili.

Nous allons remonter le premier jour vers Uyuni qui se trouve à 220 km au nord de Tupiza qui est la porte d’entrée du Salar du même nom pour ensuite dormir au pied du volcan Tunupa dans le Salar. Uyuni c’est la seule grande ville de cette région qui se situe et s’étend sur un Altiplano entre 3600 et 5000 m d’altitude jusqu’à la frontière Chilienne plus à l’Ouest.

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On pensait que ce premier jour n’allait être qu’un transfert d’une route morne et longue, 9 heures pensait-on qui allaient être tristes et ennuyeuses. Et bien non, nous traversons des paysages jamais vus, des étendues immenses sans fin avec des montagnes au loin qui culminent à plus de 4000m qui ressemblent à de petites collines. C’est l’Altiplano andin, plus haut que le mont blanc mais aussi aride et désertique que la Pampa. Pour y arriver nous avons emprunté une route qui offrait des points de vue magnifique sur des formations rocheuses effilées de couleurs ocres, témoins du temps qui a mis des millions d’années à former ce paysage ressemblant aux rochers et montagnes vus aux états unis.

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un Nandu, type d’autruche
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des vigognes

C’est la première fois que je suis confronté à un paysage de montagne de ce genre, immense, balayé par le vent, avec au loin ces petites collines qui figureraient chez nous parmi les montagnes les plus hautes. On est à 4000 m sans s’en rendre compte sauf quand on essaye de courir et qu’on se sent comme un papy asmathique de 80 ans souffrant d’une crise aiguë de manque d’oxygène. Là on voit des lamas, des vigognes et des alpagas, qui ponctuent cette immensité comme des petits personnages peints pour accentuer l’immensité de ce paysage grandiose. On déjeune au bord d’une piste, seuls à 300 km à la ronde, perdus, on est bien entre nous avec nos amis Italiens  à profiter de ce lieu hors du temps.

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Plus rien ne compte que les secondes qui s’égrènent lentement comme des grains de sable s’envolant dans le vent, on est en prise avec le présent comme jamais on ne l’a été, ce paysage vous raccroche à la terre, à l’instant comme un aimant super puissant. Ça fait du bien surtout pour moi qui est une crainte terrible du futur, de tout perdre, là cette terre me prend aux tripes et me ramène à la chose la plus basique, profiter du moment présent. Merci Pacha Mamma.

On arrive à Uyuni péniblement au bout d’une piste de terre emprunté par le Dakar. Uyuni n’a aucun charme, le vent et la poussière rappelant à l’homme qu’ici la Nature mène le bal. On s’y arrête pour photographier des trains et des locomotives abandonnés par les Espagnols. On est dans un décor surréaliste, ce témoignage de l’industrie humaine dans ce lieu perdu offrant un décalage incroyable.

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On continue notre périple vers le Salar et après 20 kms et la traversée du dernier Village Colchoni on y entre avec une attente et des expectatives énormes.

Au début nous sommes un peu déçus car nous pensions le Salar comme une étendue d’un blanc pur, or les premiers km nous font traverser une boue plutôt marron qui n’a rien à voir avec les photos que nous avions vues. Mais très vite on rentre dans le Salar rêvé, blanc avec ces espèces de croute de sel qui forment des polygones géométriques digne des plus beaux exercices de maths de notre chère enfance.

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On est subjugué par ce blanc intense et cette immensité quasi infinie qui s’étend devant nous. On ne s’arrête pas car le lendemain nous avons prévus de passer notre journée sur le Salar, on profite donc du paysage de la voiture. Tout semble flotter dans ce paysage féerique, le reflet du soleil au loin donne l’impression de se trouver au bord d’une mer, l’illusion est si parfaite qu’on voit même le reflet des montagnes dans une eau imaginaire. Le pare-brise de la voiture devient un écran de cinéma dans lequel défile ce paysage, l’illusion fonctionne si bien que j’ai essayé de monter le son !!!

On arrive au nord du Salar (qui fait 200 km de large par 300 de long à peu près) pour dormir à Colqueza, au pied du volcan Tunupa qui culmine à 5432 m. Si un jour vous le faites ne dormez pas la première nuit à Cocholni, c’est ce que propose certains tours. Là au pied du volcan dans un hôtel fait de brique de sel et dont le sol est rempli de gros grains de sel, c’est le dépaysement total jusque dans l’hôtel.

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On profite du coucher de soleil. Une lagune permet à des flamants roses de faire de superbes photos, on les a loués pour pas trop chers !

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Tout est parfait il n’y a que le vent qui glace un peu les os à cette altitude. On finit tous ensemble à admirer les étoiles qui illuminent le ciel purissime au-dessus de nos têtes.

Première journée magnifique de ce tour, ce sera la moins belle du voyage !!!!

Le deuxième jour nous emmènera en plein milieu du Salar.

On commence par observer le lever du Soleil, qui projette ces rayons sur le volcan et le Salar pour diffuser une couleur rose qui se marrie si bien avec les Flamants. Je ne suis pas passionné de photos mais je me régale en cliquant frénétiquement sur l’appareil photo.

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Le ciel est bleu sans un nuage ce qui ajoute encore plus de beauté à ce paysage fantastique : dans le sens premier de cet adjectif, digne de l’imagination d’un écrivain de science-fiction tellement cela semble irréel.

On monte dans un premier temps sur le volcan au 1er mirador (en voiture) pour observer de haut le Salar. On visite aussi une tombe de momies vieilles de 800 ans. Les squelettes font impression autant que la vue de ce point haut.

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On redescend puis on fonce dans le Salar où notre guide s’arrête en plein milieu de nul part. A l’horizon on voit toujours cette espèce de mirage permanent qui fait flotter les montagnes alentours et le peu de voitures qui traversent le Salar. On perd toute notion de l’espace et du temps, on ne sait plus ce qui est proche ou loin : la veille le volcan semblait tout proche et pourtant nous avons mis 2 heures à l’atteindre. Aucun point de référence nous renseigne sur les distances si bien qu’on rentre dans une contemplation mélancolique et introspective :  on flotte avec notre esprit qui se perd dans l’horizon. Je ne sais pas pourquoi mais ce lieu me fait partir en enfance, me fait penser à l’île aux enfants et tous ces lieux qui ont bercés mon imagination d’enfant.

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Des Lamas traversent le désert de sel au loin pour ajouter un peu de poésie ; ils font les choses bien les Boliviens jusqu’à pousser leur lama à bouffer du sel pour vous faire plaisir.

On prend un max de photos délirantes grâce aux manques de perspectives, Léa et Yoan se régalent à imaginer de nous écraser !

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Clou du spectacle : un déjeuner sur le Salar, il manquait juste Manet pour nous peindre et on était au Louvre pour les 200 ans à venir.

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On repart repus et réparés remplis d’air purifié de ce Salar, les yeux perdus dans l’horizon parfait.

Nous visitons une île, même si l’eau ne l’entoure pas, sur laquelle les cactus ont pris possession du lieu. On doit payer un droit d’entrée, on préfère alors se balader autour, on voit autant de choses sans payer.

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On finit cette journée formidable dans un deuxième hotel de sel. Notre guide fait les choses bien car nous avons droit à un apéritif suivi de lasagne ! A 3600 m d’altitude c’est pas beau la vie ????

Suite au prochain article … avec la galerie photos

Les infos pratiques :

Hotel Tupiza : Butch Cassidy (à côté de la station service face au pont à l’entrée du village … sacrée adresse !!!) – Petit déj topissime, accueil incroyable, chambre grande … foncez ! Le fils, adorable, tient une mini agence et travaille avec Natural Adventure Tour

Agence pour le tour du Salar : tour de 3 nuits, 4 jours avec Alejandro Adventure Tour
Tour à 6 dans le 4×4 (normalement c’est à 4) donc pas de cuisinière pour nous. Il faut que le chauffeur accepte car il devra préparer la table lui les midis. Mais Palermo, notre chauffeur était au top ! Pour info les sièges derrière ont moins de place pour les genoux, ok pour des enfants.

On a hésité avec l’agence Natural Adventure Tour qui ne sont pas des usines et prennent la route alternative pour descendre au sud Lipez. Les 2 ont de très bons commentaires sur internet.

7 réflexions au sujet de « Le Salar d’Uyuni, Le sud Lipez, San Pedro d’Atacama : des lieux qui font rêver. Partie 1 »

  1. Sincèrement, après le Brésil avec vous qui nous a époustouflé, vos photos et tes commentaires nous emmènent dans un calme qui me fait penser au désert du Sahara.
    Bravo à tous les animateurs des photos

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