La Patagonie : du vent, de la pampa et plein de belles choses

Fini la ville tentaculaire de Buenos Aires, on va prendre un bol d’air en Patagonie, où nous attendent tous pleins d’animaux et de superbes paysages : on espère voir des baleines, des pingouins (même si j’en connais pas mal de sacrés pingouins) et tous pleins de mammifères marins qui vivent dans les eaux glacées de la péninsule de Valdès ; voir des glaciers qui se projettent dans l’eau et gravir une montagne mythique le Fritz Roy à la limite de la Terre de Feu.

Déjà faut savoir que l’Argentine c’est immense : 3700km du nord au sud…soit 1000 km de plus que Moscou Paris. Vous imaginez habiter le même pays que les Russes de Poutine…non vaut mieux pas imaginer ça, déjà que d’être voisins des allemands ça pique un peu alors les russes…

On fait donc les 1200 km qui séparent Buenos Aires de la péninsule en bus de nuit, sièges à l’étage et assis tout devant, superbe vue.  On est en « ejecutivo » : siège en cuir rabattable à 180°, le luxe en bus quoi !!! On a même droit à un jeu du loto avec comme lot une bouteille de vin argentine !

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Après 19 h de bus (pas si dur que ça), on arrive à Puerto Madryn qui est l’entrée de la péninsule. On y dort 2 jours car on part visiter le lendemain de notre arrivée Punto Tumbo qui est une réserve naturelle de pingouins nommés « Manchots de Magellan ». Là sur plusieurs hectares il y en a des centaines de millier. De partout !! c’est happy feet en direct. Ils sont là à vous regarder comme si vous étiez l’espèce à protéger.

Ils sont marrants à se déambuler comme des pingouins qu’ils sont. Ils ont un peu la démarche d’un étudiant en fin de soirée trop arrosée. Un petit coup à droite puis à gauche, une démarche maladroite mais tellement charmante. C’est l’époque de la couvade et on voit des centaines de nid avec à l’intérieur 2 œufs (ponte normale) qui attendent juste d’être préparés en omelette. Le mâle et la femelle se relaient pour les couver.

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Le plus impressionnant et surprenant à la fois c’est leur cri. Tout d’abord je ne savais pas que les pingouins avaient un cri, mais en y réfléchissant faut bien qu’ils se retrouvent entre eux. Oui ils sont un peu comme les chinois à tous se ressembler. Faut donc se distinguer. Le cri a cette fonction. Et le cri du pingouin est très surprenant : il ressemble énormément à celui de l’âne !!! Le pingouin lève la tête et tend son cou le plus possible comme s’il voulait l’en détacher.

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Puis un son puissant sort du fond de sa gueule. Vous avez déjà entendu un âne crié ? et bien là c’était des centaines d’ânes, une vraie symphonie, on aurait dit un concert de Florent Pagny, d’ailleurs qui ne doit pas être très loin si ça se trouve.

On profite de ce moment, les enfants adorent ils pensent être dans l’âge de glace, je surprends même Léa échanger avec un pingouin. Je mets un terme à cette brève conversation elle est beaucoup trop jeune encore pour avoir une relation durable.

On rentre à Puerto Madryn qui est à 200 kms de la réserve. Il faut prévoir du temps et surtout louer une voiture pour aller discuter avec ces pingouins.

Le lendemain nous partons pour la péninsule de Valdes proprement dite. Direction Puerto Piramides qui est le patelin de la baleine.

De la baleine Franche Australe exactement. L’été arrivant elles mettent bas dans le golf qui baigne Puerto Piramides et restent ici 3 ou 4 mois avec leur baleineau. On en verra de la plage mais on se paye le luxe (oui ils font payer bien comme il faut l’excursion) de faire un tour en bateau pour s’approcher au plus près. Nous ne sommes pas déçus. On s’approche vraiment très près, et là c’est pas de la baleine de mi dinette comme au Costa Rica qui fait entre 2 et 3 m.

Non là c’est de la baleine de la vraie, de celle que les Japonais chassent aux harpons pour remplir leurs Sushis. C’est de la baleine somptueuse, avec une vraie gueule type calandre de BMW et ces espèces de rocailles ou d’huitres qui n’en sont pas attachées le long de leurs corps. Oui, on voit de la vraie baleine, la même que dans Pinocchio et elle peut abriter Geppeto avec sa guitare autour d’un feu en train de fumer un pétard. C’est gigantesque, énorme, d’ailleurs elle sait qu’elle est la reine de la mer. Elles sont accompagnés de leur baleineau. On apprend que le nombre de baleines (entre les mères avec leur baleineau, et les males isolés) dans le golf depuis cet été est de 110.

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On est satisfait saoulés presque par le bonheur de voir un animal si majestueux. On veut en voir toujours plus, on veut de la baleine en quantité industrielle. Mais comme dirait Bocuse toutes les bonnes choses ont une faim.  On rentre pleins d’étoiles (de mer…) dans les yeux.

Pour la vidéo complète sur YouTube  : cliquez ici

On poursuit notre périple dans la péninsule dans la direction de la Punta Cantor et de la Caleta Valdès. Le temps nous est compté on doit faire des choix et nous ne pouvons pas parcourir l’ensemble de la péninsule. Là on voit de nouveaux des pingouins et surtout des éléphants de mer. Enorme mammifère qui doit bien faire ses 300 kg, qui a du mal à ramper (ils se distinguent des lions de mers qui sont des otaries par leur incapacité à marcher sur leur palme). Leurs trompes qui leurs vaut leurs noms ajoutent un peu de laideur à cet animal gigantesque pas des plus glamours. On dirait un peu Jabba dans la guerre des étoiles, énorme et flasque en même temps.

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Autour d’eux des otaries semblent des ballerines de l’opéra de Paris tellement elles semblent plus habiles et gracieuses que ces espèces de Pierre Ménes.

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Le paysage est lui aussi magnifique, le bleu de la mer rivalisant avec celui du ciel dans un combat sans fin pour déployer les teintes les plus belles. Les falaises de la côte ajoutent une note dantesque, le vent les frappant sans cesse tel une maîtresse masochiste qui frappe son larbin à ses pieds.  On souffre en admirant ce paysage mais le vent fait partie du décor quasi fantastique.

On voudrait rester là mais le matin nous avions rencontrés une famille de français (les premiers avec des enfants depuis le début de notre voyage) et nous nous étions donnés RDV pour passer la soirée ensemble. On a donc encore peu de temps avant le RDV et on se fie aux gardes côtes qui nous conseillent de visiter une plage : la playa Parades.

On arrive sur cette plage qui se trouve sur la pointe sud Est de l’île. Elle est immense et donne sur une baie magnifique où les falaises, avec le bleu pur de cette mer se fondant au ciel azur, peignent un tableau superbe. Un tableau oui devant nos yeux, s’offrent à nous, un tableau de maître.

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Sur la partie rocheuse de la plage sont stationnés quelques camping-car 4*4 type bulldozers. Certains campent sur cette plage depuis 4 mois !!!

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c’est une autre façon de voyager en explorant sans contrainte les endroits les plus sauvages. Ça m’embête car cela donne des idées à Cécile… Un contre temps nous fait perdre une heure car nous avons fermé la voiture avec les clefs à l’intérieur, une lutte acharnée commence car il n’y a pas de garage à moins de 100 kms. Au final un suisse allemand sympa (je sais c’est antinomique, d’ailleurs le correcteur automatique de Word souligne en rouge les mots suisses allemands sympa) nous sort de cette galère. Ce contre temps nous permet nez en moins (ou en plus) de voir une baleine de la plage.

p1060632 p1060636 p1060634 si là c’est pas le pied !

Comme ça, sans rien demander, on a un bonus, juste de quoi repartir joyeux de cette balade dans une terre où l’homme n’a pas sa place et où la nature se protège avec une aridité extrême, un vent à décorner le plus grand cocu de la terre (je ne donnerai pas de nom des fois qu’il me lise), des températures hivernales à geler les doigts de pied d’un esquimau et des étendues désertiques presque aussi infinies que la liste des courses d’un vendredi soir.

Nous passons ensuite une superbe soirée avec nos nouveaux amis français : Keral, Sébastien et leurs 3 enfants. Eux sont encore plus barrés que nous puisqu’ils voyagent en camionnette aménagées !!! Pour leur site cliquez ici

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La mythique pampa, on la voit défiler avec le bus qu’on prend pour se rendre encore plus dans le sud en direction du Perito Moreno. 1200 km de pampa ce sont : des arbustes épineux pas plus hauts que 50 cm, des cailloux gros comme la connerie d’un homme politique, quelques Guanacos répartis pour casser la monotonie presque angoissante et des Estancias (ranch argentin) dont on se demande ce que les gens font de leur dimanche après midi une fois qu’ils ont matés Michel Drucker à la télé.

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C’est immense sans fin et plat comme une étape du tour de France dans la plaine de la Beauce.

Nous croiserons souvent le long de la route de petits hotels rouges avec des offrandes,  dédiés au Gauchito Gil qui fait l’objet d’une foi extraordinaire en Argentine. On y verra souvent des personnes devant.  On a même vu des machines à laver en offrande, et une paire de chaussettes de bébé.

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Nous arrivons après 22h de bus à El Calafate,

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la ville étape au bord du Lac Argentino pour accéder au glacier Perito Moreno. Nous resterons 3 jours dans un studio avec mezzanine très agréable et chauffé !

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L’eau y est d’un bleu turquoise.

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Nous louons une voiture pour accéder au Perito Moreno. Cela nous offre plus de liberté malgré le prix exhorbitant. De plus à 4 cela vaut le coup par rapport au bus. La location équivaut à l’achat d’un joueur à pieds carrés de l’ASSE.

Après un voyage en voiture à être tangué comme sur un bateau à cause du vent…

… Nous arrivons donc à ce fameux glacier qui se trouve à 70 km de El Calafate. Il est gigantesque : 5 km de large. On le voit de loin et on est déjà époustouflé par cette langue de glace qui se laisse tomber dans le lac.

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Tels des enfants impatients devant l’arbre de Noël on arrive enfin devant ce phénomène naturel devant lequel on se prosterne car nous sommes en face d’une majestueuse beauté de la Nature.

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Oui on se retrouve scotché littéralement, bouche bée devant ce mur abrupt de plus de 60 m de haut. On est ébahi devant ce puissant ruban de glace bleuté qui avance dans le lac, imperturbable. Les couleurs sont belles et somptueuses, c’est un bleu clair presque turquoise qui teinte ce géant. C’est un des 3 glaciers qui avancent encore. Il progresse de 2 m par jour.

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Selon les rayons du soleil il s’illumine et c’est magique que de rester à le contempler. Des blocs de glaces tombent de temps en temps poussés par l’extraordinaire puissance de milliers de tonnes de glace qui derrière attendent patiemment leur tour pour se jeter dans le lac qui lui prend une teinte turquoise merveilleuse.

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Un tableau encore une fois de maître s’offre à nous. Sa majesté le Perito Moreno mérite à lui seul ces 13000 kms de voyage. Voir Venise et mourir et renaître devant le Perito Moreno.

C’est à regret que l’on rentre sur El Calafate. Mais pas pour longtemps car le lendemain nous partons pour El Chalten, village qui se trouve au pied du mythique Fitz Roy. Et là encore nous allons en prendre plein les yeux.

On oublie vite le coût excessif du moindre logement et de la vie de ce village au bout du monde, balayé par un vent à vous rendre fous. On oublie vite car nous sommes au pied d’une montagne magnifique qui pointe ses pics vers le ciel comme un défi. Un défi immense celui de gravir cette montagne. Avant de s’y en approcher nous passons notre première après-midi sur place à gravir la montagne au-dessus d’une cascade. On a un petit aperçu du paysage qui nous attendra le lendemain.

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Nous partons en effet en direction du Fitz Roy, une balade de 4h aller-retour pour s’approcher des cimes rocheuses de cette montagne. On arrive à une lagune et la vue est splendide sur les pics entourés de nuages.

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le mythique Fritz Roy
le mythique Fritz Roy

On est subjugué par le silence et la beauté des lieux, on admire cette montagne comme on écouterait un concerto d’un grand maître, ne saisissant qu’un peu la portée du talent vu notre manque d’expérience mais conscients de vivre un moment unique. Cette montagne a un attrait particulier et les glaciers qui en descendent sur les flancs ajoutent un peu plus de splendeur. On aurait pu continuer la balade pour s’approcher encore plus près de ces glaciers mais les enfants n’ont pas voulu rallonger la randonnée de 4 heures, quel dommage le paysage aurait été exceptionnel. Je savais que j’aurais dû mieux réfléchir avant de faire des enfants !!!

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Dans la descente encore une fois dame Nature (ou Pachamama) va se montrer généreuse avec nous en nous offrant un spectacle de toute grande beauté sans qu’on ait rien demandé : un pivert de Patagonie qui martèle son arbre…Woody Wood Peecker en action!

 

Le lendemain nous devons repartir pour El Calafate pour prendre un avion pour Buenos Aires pour se rendre ensuite au nord ouest de l’Argentine en bus. Nous effectuons une dernière randonnée au mirador des aguilas, avec beaucoup, beaucoup de vent.

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On voit au loin 3 condors…juste cadeau comme ça…D’ailleurs à l’aller nous en avions vu un planer au-dessus de notre voiture, il ne manquait plus que Esteban et les cités d’or !

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Nous quittons la Patagonie émerveillés par les paysages, les animaux, la montagne et surtout le Perito Moreno. Avec une envie folle d’y revenir.

On a bien apprécié au petit déjeuner le dulce de leche (sorte de caramel au lait) acheté à Telmo à Buenos Aires, Léa en est dingue !

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Pour plus de photos sur la Patagonie  : c’est par ici

Nous nous partons vers d’autres aventures :

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INFOS UTILES : 

Les transports en Argentine sont très très chers vu les distances en bus, et les locations de voitures au dessus des prix en Europe.

Trajets en bus de nuit : 

Nous à 4 ça chiffre vite mais c’est un moyen de transport qui reste moins cher que l’avion, et puis du stop à 4 c’est plus compliqué vu le nombre de voitures croisées par endroit !

Pour info, la carte South pass qui permettait d’avoir une réduction sur le prix des bus n’existe plus depuis octobre 2016.
La compagnie Andesmar est notre préférée. Pensez à demander s’ils ont des réductions.

  • Buenos Aires / Puerto Madryn : trajet 19 h avec Andesmar – bus executive 1600 pesos / pers avec 1 repas chaud, et un petit déjeuner avec café.
  • Puerto Madryn / Rio Gallegos (car pas de direct pour El Calafate) : 1300 pesos en cama (pas executive) réduction de 20% seulement si billet acheté au terminal Retiro de Buenos Aires + Rio Gallegos / El Calafate : 400 pesos/ pers. (trajet de 4 h)

Location de voitures :

  • A El Calafate (pour aller au Perito Moreno puis El Chalten (2h30/3 h de route sans arrêt photos) : 1200 peso/jour (voiture qui n’est pas de dernière génération !)
  • A Puerto Madryn : 1500 pesos/jour (pour Punta Tombo 1 jour puis 2 pour Peninsule Valdès AR)

Visites : 

  • Punta Tombo : entrée 250 pesos/pers. + enfants 125 pesos
  • tour baleines 2 h : 1150 pesos/pers
  • Perito Moreno : 330/pers. et enfants gratuits (11 et 14 ans)

Hotels : 

  • Puerto Madryn sur booking : Chepatagonia 730 pesos (4 lits superposés avec S de B), correct, belle cuisine, petit déj pas mal.
  • Puerto Piramides (booking) Hotel La Posta 70 USD (logement très cher dans ce village), très grande pièce top, dans le centre (mais 1 seul nuit) – hôte d’origine italienne super gentille.
  • Airbnb à El Calafate : 50 USD la nuit (min de 2 nuits) – Studio avec grande mezzanine – top – Appart de Enziquiel Martins Calle 23
  • Hotel Los Pioneros (pris sur place) à El Chalten : 50 USD sans PDJ – AJ grande, propre – grande cuisine lavée tous les jours – chambre partagée à 6 avec salle de bain

4 réflexions au sujet de « La Patagonie : du vent, de la pampa et plein de belles choses »

  1. Hello, on suit bien votre avancée et ça nous donne un bon aperçu pour notre voyage. On languit la péninsule Valdes. Bises et bonne route! Sophie, Damien et Léo

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