Brésil : samba, caipirinha, langouste et joie de vivre

Après 24 h de bus depuis Salta nous arrivons fatigués mais entiers à Puerto Iguazu qui est la ville argentine qui borde les fameuses chutes d’Iguazu. Iguazu ce sont les plus grandes chutes du monde avec les chutes Victoria au Bostwana. Un déluge d’eau aux confins du Brésil, de l’Argentine et du Paraguay. Pas de chance pour ce dernier pays, il ne profite pas des touristes car les chutes sont partagées entre le Brésil et l’Argentine.

On loge d’abord du côté Argentin, on passera le lendemain du côté Brésilien car les 2 côtés n’offrent pas la même vue de ce spectaculaire ensemble de cascades.

On dort donc dans une très belle auberge de jeunesse, los Amigos. Piscine et un excellent petit déjeuner nous attendent avant de rejoindre à la frontière Pierre et Colette (les parents de Cécile) qui viennent nous rejoindre pendant 10 jours.

Les enfants sont supers heureux de voir leurs grands parents, ils vont pouvoir rester un peu avec eux sans que les parents infâmes et sévères soient sur le dos tout le temps. Nous sommes aussi contents, on pourra laisser les grands parents les gérer après 4 mois, on souffle.

Après avoir galérés un peu pour se retrouver à la frontière (l’excitation des retrouvailles a dû les perturber et ils n’ont pas attendu notre arrivée à la frontière comme prévu !), nous partons ensemble vers une des 7 merveilles naturelles de la nature. Alors il y a plusieurs classements aujourd’hui en plus des 7 merveilles du monde de l’antiquité. Dorénavant il y a les 7 merveilles de la nature, les 7 merveilles modernes, les 7 merveilles de la France, les 7 merveilles de Lyon, les 7 merveilles de Montmartre, bref y’a des milliers de 7 merveilles aujourd’hui.

Mais ces chutes-là, je vous le dis elles font parties de nos 7 merveilles sans problèmes.

Chutes Iguazu, coté Argentin

C’est un ensemble immense de cascades gigantesques réparties sur des centaines de mètres. On en fini plus de voir des quantités extravagantes d’eau se jeter sur plus de 60 m de haut. Imaginez la plus grande cascade que vous n’ayez jamais vue, multipliez-la par cent et vous avez les chutes d’Iguazu.

Iguazu – Argentine

Des litres et des litres d’eau du fleuve Iguazu large comme 5 fois le Rhone sautent d’un coup une cassure d’une centaine de mètres pour continuer son chemin. Le bruit est puissant, les flots ininterrompus de centaines de mètres cubes d’eau hypnotisent tel le feu dans un bûcher. Jeanne d’Arc aurait été fascinée. On reste bouche bée devant cette démonstration de puissance de la Nature. On se sent petit. On voit au fond des bateaux chargés de touristes qui vont littéralement sous le cascade, c’est semble-t-il comme une attraction à Disneyland. Sauf que là c’est pour de vrai !!!

Oui un petit mot sur l’affluence du site : on est de nouveau dans un parc de type Amérique du nord style USA. Ce n’est plus la Bolivie et l’exploitation pré-colombienne avec les merveilles naturelles à peine indiquées, là c’est l’autoroute à touristes malgré la pluie. Mais bon d’un autre côté ça vaut le coup. Faut faire abstraction de tous ces cons de touristes (j’en suis un ???) pour apprécier pleinement ce majestueux spectacle naturel.

Iguazu – Coté Brésilien

Le lendemain, on passe donc du côté Brésilien car même si 80% des chutes se trouvent du côté Argentin, on loupe une des parties des chutes les plus spectaculaires si on ne va pas au Brésil : la Garganta del Diablo. Pas besoin de traduire pour comprendre que c’est un goulot où l’eau se déverse avec une telle force qu’on se retrouve en enfer. Du côté Brésilien on est au pied de cette gorge à quelques mètres des chutes et on est écrasé, subjugué, époustouflé par la cascade. La sensation est énorme, cette gorge est vraiment diabolique !!!

Iguazu – La garganta del diablo

Nous conseillons donc de faire les 2 côtés, on a 2 points de vue différents et même si du côté brésilien on est plus loin d’une grande partie des cascades on est proche de la Garganta del Diablo et on a presque une vue globale qu’on arrive pas à voir du côté argentin.

Voilà encore une fois on en a pris plein la tronche, tout comme un boxeur sonné par Mike Tyson, juste sauvé par le gong on se demande comment on va faire après. Le KO est proche mais on tient dur, on en veut encore.

Avant de rejoindre la capitale Carioca on fait un stop de quelques jours pour le plaisir des plus grands et des plus petits comme dirait Jacques Martin, sur la côte au nord de Rio. Buzios est une ville péninsulaire rendue célèbre par Brigitte Bardot qui se dandinait sur les plages à la grande époque de sa gloire.

Buzios, trop beauzios
Buzios, pas belle la vie?

C’est au bord de plages de sable blanc et fin que nous rechargeons les batteries malgré la pluie et le vent certains jours. Il sentait bon le sable chaud, mon légionnaire, disait BB, là il aurait un peu moins senti car ce n’est pas la canicule. Nous faisons quand même une petite excursion en bateau pour profiter de la baie de cette péninsule.

Les plages sont grandes et on peut se promener tout en frimant avec nos havanaianas (marque de tongues brésiliennes !) à peine achetées pour paraître comme des brésiliens qui sont adorables et super gentils.

après les travellos, la tongue symbole du brésil

On est agréablement surpris par les gens qui vous aident dès que vous leur demandez un renseignement. Nous ne parlons pas portugais, quoi qu’avec tous les portugais que j’ai connu pendant mon enfance à Givors, je pourrais presque les comprendre. Tout du moins les insultes car c’est le langage le plus courant qu’on parlait petits !!!

Le contraste est frappant par rapport aux Argentins qui étaient aussi aimables que des prisonniers Afghans à Guantanamo. Nous avons quitté l’Argentine éblouis par la beauté et la diversité du paysage mais tellement déçus par les gens…peut être qu’ils ressemblent trop aux Italiens pour qu’on les apprécie… En tout cas la différence est énorme avec les Brésiliens qui sont comme on les imagine, cools, en tong et profitant de la vie en jouant au foot sur la plage !!!

Goooooool

On fait nos courses au marché de poisson qui permet de se régaler de gambas, langoustes et cigales de mer à des prix défiants toutes concurrence, même ceux de Carrefour Market. On profite aussi de la Caipirinha qui est un cocktail à base de Cachaça, le rhum brésilien très bon marché. On se saoule presque, on se laisse griser par l’alcool, ça faisait longtemps pour Cécile et moi !!!

1 Caipirinha, et ça repart

Nous poursuivons ensuite notre périple brésilien vers la capitale qui se trouve à 2h1/2 de Buzios. On y arrive en traversant la baie de Guanabara, qui est magnifique si on fait abstraction des constructions humaines qui ont défigurés la baie. Elle est immense et les îlots qui la parsèment rendent le décor superbe. Elle est tellement grande que l’explorateur qui la découvre (Gaspar de Lemos) croit qu’il se trouve dans l’embouchure d’un fleuve qu’il nomme Janvier…d’où le nom de la ville Rio de Janeiro.

Nous n’avons pas de chance, le ciel est nuageux, presque pluvieux. Notre hôtel se trouve à Copacabana et en arrivant on fonce vers la mythique plage. Tout le sud de la ville borde la baie et l’océan, il est divisé par des collines typique de granit dont le plus connu est le Pain de Sucre.

De la plage malheureusement on ne voit rien du paysage qui façonne la ville, car les buildings des années 60 érigés de partout qui ont fait de Rio une des destinations les plus connus du monde, cachent et gâchent la vue vers ces montagnes. On appréciera beaucoup mieux le paysage du Corcovado et du pain de sucre par la suite. D’en bas on a l’impression de se retrouver à Benidorm, le nec plus ultra du gâchis humain envers un paysage naturel de toute beauté. On ne sait pas si c’est Rio qui s’est bernidormisé ou le contraire mais il y a une vraie similitude entre les 2, le tourisme de masse dans ces excès les plus dégradants. Mais à la différence de Bénidorm, Rio offre grâce à ces collines qui délimitent tous ces quartiers, des points de vue à couper le souffle sur sa baie magnifique.

ça c’est de la favela, de la vraie

On visite une favella au dessus de Copacabana avec Mido, un guide parlant français et y habitant. On marche au gré des petites ruelles dans ces quartiers qui avaient si mauvaise réputation. C’est un peu Bron mais puissance 100… La particularité de ces favellas c’est qu’elles sont accrochées à toutes ces collines qui surgissent comme des grumeaux dans une pâte à crêpe mal mélangée. Faites de granit elles permettent d’y accrocher autant de baraques que vous voulez.

Ajouté un exode rural non maitrisé et un plan d’urbanisation inexistant et vous obtenez les favellas. Les pauvres continuent d’y habiter (majoritairement les noirs d’ailleurs) mais beaucoup de leurs habitants travaillent aujourd’hui et depuis quelques années comme on l’a vu en Colombie, l’état essaie de pacifier et de déloger les cartels de la drogue qui contrôlaient les Favellas. On a un peu plus de mixité même si les riches n’y habitent pas, eux restent dans « la rua », c’est-à-dire les rues du bas.

On voit la même organisation et le même désir de vivre plus sereinement comme à Medellin. Certaines encore sont dangereuses et il est déconseillé de s’y rendre mais, celle que nous avons visité semblait assez calme et paisible. Il ferait bon presque d’y vivre !!! en tout cas mieux qu’a Saint Etienne.

Nous profitons d’une petite demi journée pour visiter le jardin botanique de Rio qui est un des plus connus au monde. Les allées bordées d’immenses palmiers font ressentir un calme dans le chaos voisin de la ville, de magnifiques fleurs émettent leurs effluves envoutantes et font de cette visite un moment de calme et de zénitude. On y voit même quelques singes en plein centre ville!!!!

Mais « si tu vas à Rio n’oublie pas de monter la haut », comme disait la chanson. Et on y est monté. D’abord au Corcovado, une autre des 7 nouvelles merveilles du monde. C’est la révélation !!! Non pas que j’ai rencontré le Christ qui trône fièrement au dessus de nos têtes, non lui j’y crois plus trop depuis que l’OL a perdu en quart de final contre Milan à la dernière minute.

plus près de toi seigneur

C’est une révélation de voir la ville et surtout la baie avec ces pains de montagne. C’est juste époustouflant. Nous comprenons mieux pourquoi Rio attire autant les touristes. Ah oui les touristes y’en a des milliers… c’est pire qu’à Yellowstone. Faut y aller comme dit Yoan « à coup de tête balayette ».

Alors faut faire abstraction même si c’est difficile pour apprécier la vue qui à couper le souffle.

Même topo en mieux au pain de sucre, on a selon Cécile et moi une vue encore plus belle de ce point de vue. En plus on prend le funiculaire dans lequel James Bond met une branlée à dents de requin dans Moonracker.

On voit furtivement aussi Belmondo qui nous ramène aussi un peu en enfance avec « l’homme de Rio ».Magnifique malgré le monde et le vent, donc si tu vas à Rio n’oublie surtout pas de monter là haut.

Entre les 2 points de vue on a le temps de passer par les escaliers Selaron dans le quartier de Santa Teresa, ce sont des escaliers qui ont été décorés avec des mosaïques par un Chilien. Cela ressemble beaucoup à ce qu’on a vu à Valparaiso au Chili, et m’étonnerait pas que ce chilien soit originaire de cette ville.

On ne se baigne pas car l’eau est trop froide mais on profite d’une petite fête en bas de notre hôtel, des supporters d’une équipe de Rio chantent et dansent pour la victoire d’une de leur équipe.

fluminense a gagné c’est la fête !!!

Ici il y en a plusieurs mais les plus connus ont les noms de quartiers que nous traversons et pour un fan de foot c’est magique de traverser ces quartiers dont les noms m’ont fait rêver depuis tout petit : Botafogo, Fluminense, Flamengo.  Yoan admire aussi la vue sur le Maracana et il a les yeux qui brillent quand je lui dis qu’il a été le théatre d’un match avec 170 000 spectateurs.

Cécile a moins de chance elle ne trouvera pas d’entraînement de Samba pendant les 3 jours où nous séjournons dans la capitale Carioca. Par contre nous voyons le Sambadrome, énorme avenue bordée de tribunes gigantesques qui sont les témoins de la passion des brésiliens pour cette danse. Je crois vraiment que ça vaut la peine de revenir pour le carnaval.

Les grands parents nous quittent à regret car cela fait du bien d’avoir de la visite. Ils rentrent pendant que nous continuons notre séjour en allant en direction de Sao Paolo où nous prendrons l’avion pour l’Asie. Nous faisons un stop de 2 jours le long de la côte et plus exactement à Paraty où nous allons trouver une attraction naturelle superbe qui va ravir les enfants (et nous aussi). En effet à 8 kms de Paraty (qui est donc le long de la côte entre Rio et Sao Paolo) il y a une rivière qui avec le temps à former des toboggans naturels que l’on peut descendre assis comme nous le faisons et debout pour les locaux brésiliens : c’est  le toboggan de Penha.

On s’éclate dans cette rivière entre les toboggans et les piscines naturelles un peu plus haut. Cécile ne voulant pas repartir, a demandé s’il n’y avait pas d’autres endroits à voir dans le coin et on nous a indiqué le pozo de Jamaica, et là c’était le paradis de Paraty, on s’est amusé comme des fous !

On était seuls pendant un bon moment.  C’est à quelques centaines de mètres du premier toboggan en repartant sur Paraty, sur la droite juste avant la fourche, il y a un portillon (on a mis longtemps à trouver l’endroit !). On y a passé tout l’après midi avec Cédric, un français rencontré dans le bus pour Penha.

Le village de Paraty est joli aussi, il a un centre ville historique mignon avec ces maisons de style colonial, Si vous avez quelques jours donc Paraty mérite un arrêt.

On continue ensuite sur Sao Paolo où nous avons juste le temps de visiter rapidement le centre avant de prendre l’avion. On ne voit pas grand-chose si ce n’est que c’est une ville gigantesque et on prend notre dernière Caipirinha dans un bar trendy, il y en a plein très chouettes, ce qui nous fait penser à Milan avec tous les bars lounges dont regorgent la capitale lombarde.

On dit adieu à l’Amérique, splendide continent, que de beautés, où nous avons trouvé une Nature exceptionnelle !!! On reviendra sûrement car nous avons tous adorés.

Direction l’Asie et le Japon en premier après 30h de voyage. Suite au prochaine épisode !!

Pour plus de photos : c’est ici

Infos utiles :

Rio de Janeiro : tour des favelas et pain de sucre + Corcovado avec MIDO (parle français) – tel (wattsap) : +55 (21) 98102 7487 ou mido1@ig.com.br

Bus Rio / Paraty : super paysages côté gauche du bus en arrivant vers Angra dos Reis avec ses 365 îles (arrêtez vous y si vous avez le temps)

Bus pour le toboggan el Pehna : bus Colitur à 3,75 RS depuis la gare routière, et bus minivan en face sur le terrain vague à 3 RS. Ensuite patientez pour le bus de retour … vous êtes en vacances !

Bus Paraty /Sao Paulo : 77 reals par personne

Du bus terminal au centre de Sao Paulo : taxi pour San Paolo centre : 80 reals avant 20 h sinon 100 reals (nous avions 4 h devant nous)

Centre ville / aéroport G. : métro + bus (je crois 3,80 + 7 reals par personne)

3 réflexions au sujet de « Brésil : samba, caipirinha, langouste et joie de vivre »

  1. Que dire…on y était 8 C’était merveilleux pour nous … aprés 4 longs mois de revoir notre petite princesse , notre lion adoré, notre fille aimée premier exploit de nos amours et notre gendre aimé comme un deuxième fils et je ne rendrais personne jaloux, la vérité sortant de la bouche des enfants et…Colette vous dira que je suis rester un Grand enfant.
    Merci Cécile et Yan pour ce séjour de bonheur …

  2. Que dire…on y était !! C’était merveilleux pour nous … aprés 4 longs mois de revoir notre petite princesse , notre lion adoré, notre fille aimée premier exploit de nos amours et notre gendre aimé comme un deuxième fils et je ne rendrais personne jaloux, la vérité sortant de la bouche des enfants et…Colette vous dira que je suis rester un Grand enfant.
    Merci Cécile et Yan pour ce séjour de bonheur …

  3. Merci pour ces beaux commentaires et ces belles images…Bonne continuation a tous.
    Avec vous contactez Mike pour votre périple au Japon?
    Biz a tous
    Nadine

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